samedi, 10 octobre 2020 15:14

Te patuhei a te Haè tuhuka èo ènana - Graphie de l’Académie marquisienne - (MAJ 09/03/2021)

Avant-propos

Le 15 octobre 2001, un an après sa création, l’Académie marquisienne (Te Haè tuhuka èo ènana/ Faè tuhuna èo ènata) fait le choix de la graphie liée, une graphie simplifiée, inspirée de celle utilisée par les missionnaires catholiques du XIXème siècle, et prônée par le linguiste tahitien Turo Raapoto.

Les mots marquisiens de cet article sont conformes à la prononciation de Nukuhiva ; les habitants de chaque île en trouveront les équivalents dans leur propre parler.

Préambule

La prononciation de la langue marquisienne est caractérisée par un allongement naturel de l’avant-dernière (= pénultième) syllabe de chaque mot pris individuellement. En conséquence, l’avant-dernière syllabe de chaque mot étant naturellement longue, il est inutile de marquer l’allongement de sa voyelle par un signe :

Exemples : pua, potu, popoki, hakaea

En dehors de cet allongement naturel, la langue marquisienne dispose de trois signes modifiant la prononciation originelle des voyelles et donc, le plus souvent, la prononciation et l’intonation des mots.

 

I)- LES SIGNES DIACRITIQUES (OU ACCENTS) DE LA LANGUE MARQUISIENNE : ce sont des signes qui, placés sur des voyelles, en modifient la prononciation.


A) - L’occlusive glottale
[‘] (encore appelée simplement « glottale »)

Elle est matérialisée par un accent grave appliqué à la voyelle (à, è, ì, ò, ù) ; elle se nomme tūkinaèo, ce qui signifie que le son est « heurté » par un coup de glotte.

La voyelle est alors qualifiée de « heurtée/tūkina » plutôt que d’« accentuée », ce qui pourrait se référer à l’accentuation ou à l’intonation de la phrase ; la nommer « forte » opposée à « faible » ou « douce » serait tout aussi ambigu.

Cas particuliers


1) - Les voyelles identiques doubles :

a) - Contrairement à la graphie utilisée avant 2001, désormais, lorsque se suivent deux voyelles identiques en forme et en marquage, on considère que la deuxième est naturellement heurtée ; il est donc inutile de marquer de la glottale cette deuxième voyelle :

* – : Haà- >>> haa- : haaènana, haapao ;
* - : too, āpuu, tāpii, tūvee.

b)  - De même, lorsque deux voyelles identiques heurtées se suivent, seule la première est marquée de la glottale : te ìi (la force) ; te ùu ≠ e ūù (le casse-tête ≠ entrer/sortir) ; te òo ≠ te oo (le cerveau ≠ glousser ; râper) ; e èe (fuir ; prendre au filet).


2) – Les voyelles identiques triples :

a) – Règle générale : en cas de troisième voyelle identique, la glottale apparait sur la troisième : taaàu (message/messager, crier).

Rappel : dans le cas de trois voyelles de même forme (dans le cas qui suit : u), mais pas de même marquage (ū, ù, u) comme dans le mot « pūùu (pūruru) » :

*- Le 2ème ù est marqué de la glottale car il n’est pas identique au ū qui le précède.

*- Le 3ème u n’est pas marqué par la glottale car il est glottalisé comme le ù qui le précède ; il lui est donc identique.

b) – Règle particulière : la glottalisation est toujours maintenue sur la voyelle initiale des mots-racines :

*- keèe : racine « ke » + racine « èe (rere) » = keèe…


3)
Les voyelles identiques quadruples :

Si quatre voyelles se suivent, on écrira conformément à l’exemple : vaièeèe (chute d’eau).


4) - En cas de réduplication de mots-bases
commençant et finissant par la même voyelle non glottalisée, afin de conserver la prononciation originelle, la voyelle double n’est pas glottalisée :

*- Ata >>> ataata (image >>> transparent) ; ivi >>> iviivi (os >>> osseux) ; omo >>> omoomo (sucer >>> suçoter, téter).


5) – Les exceptions usuelles :

Afin de rendre la graphie du marquisien plus fluide, l’Académie propose de ne pas appliquer la glottale sur un certain nombre de mots très usuels :

a) – Les particules préverbales suivantes :

*- A/a : inchoatif (ordre) : « A mai ! »

*- Ua/u (révolu/passé) :

-- « Ua pao te hana » (Le travail est terminé.)

-- « U tutuki au me to òe kui. » (J’ai rencontré ta mère.)

Remarque : À la forme négative, les particules préverbales i du révolu, et e du non-révolu, ne prennent pas de glottale, sauf à la forme contractée de la négation :

-- « Aòè i pao te hana. >>> Aì pao te hana. » (Le travail n’est pas terminé.)

-- « Aòè e pao te hana. >>> Aè pao te hana. » (Le travail ne sera pas terminé.)

*- Ia : temporel ; optatif (exprime un souhait)

-- « Ia pei òe, a taa mai ! » (« Quand tu seras prêt, appelle-moi ! »)

-- « Ia meitaì òe i tēnei â ! » (Formule : Porte-toi bien aujourd’hui ! »)

b) – Les particules possessives o et a :

-- « Te take o te tai » (Le fond de la mer) ;

-- « Te tama a Teiki » (L’enfant de Teiki)

De même, lorsque ces particules font partie d’une préposition :

-- « Ma ùka o te tapukai » (Sur la table) ; « I òto o te ùa » (Dans la fosse.)

c) – La particule prédicative o servant à introduire des prédicats définis (cf. : Zewen p.30, §33)

-- « O Nukuhiva to ù henua tumu. » (C’est Nukuhiva mon pays.)

-- « O ta ù kaikai tēnei, o ta òe tenā. » (Ça, c’est mon repas, ça c’est le tien.)

d) – Les prépositions :

*- Ia devant les noms propres ou les pronoms personnels les remplaçants :

-- « Ua ìte au ia Piu/Ua ìte au ia īa ». (J’ai vu Piu/Je l’ai vu.)

*- I dans les autres cas de compléments :

   -*- C.o.d./complément d’objet direct :

-- « Aua e too i te hāmani ! (Il ne faut pas prendre le livre !)

   -*- C.c.t./complément circonstanciel de temps :

-- « Ua titii te ihepe i te hora e hā. (Le navire a quitté à 4 heures.)

   -*- C.c.l./complément circonstanciel de lieu :

-- « E hee òe i hea ? » (Où vas-tu ?)

*- Io : « Io he haè / Io tu ù motua ». (À la maison / Chez mon père)


6) - Le suffixe « ìa » utilisé dans les îles du nord-ouest
pour exprimer la voie/forme passive et la nominalisation du verbe ; il peut aussi être l’équivalent du participe passé français.

*- Il est toujours appliqué au mot-base qui le précède sauf si celui-ci est suivi d’un modificateur de sens (adverbe), auquel cas, le suffixe se déplace après ce dernier, sans s’y accoler.

-- Ua tuku pu ìa tēnei vaka. (On a fait cadeau de cette pirogue.)

-- Mēmau kai kōhoà oko ìa (Denrée de 1ère nécessité)

Remarques :

  • - Dans le cas où le locuteur choisit de faire porter –ìa sur le premier mot-base, les deux sont accolés : Ua tukuìa pu tēnei vaka.
  • - Dans la langue des îles du sud, le suffixe –ìa est remplacé par -tia (dans les phrases à sens passif) et par -tina pour former un nom commun (= afin de le substantiver). La présence du « t » rend la structure plus fluide et permet, dans certains cas, de créer une nouvelle unité lexicale :

  -- Ua tuutia tēnei vaka >>> Ua tuuputia tēnei vaka.

  -- I te huatina o Teiki, … /I te huahakaùatina o Teiki, … (Au retour de Teiki, ...)

*- Il conserve toujours sa glottale, même si elle est accolée à un autre i : tutukiìa, et non tutukiia. (rencontré)

 

B) - Le macron [-] qui est matérialisé par une barre faisant la longueur de la voyelle longue sur laquelle il est appliqué : (ā, ē, ī, ō, ū) ; il se nomme haatokoìaèo.


1)- Comme signalé plus haut
, sauf exception significative, le macron ne s’applique pas à l’avant-dernière syllabe déjà naturellement longue. Il est donc employé

-- pour marquer la longueur exceptionnelle des voyelles extérieures à cette avant-dernière syllabe ;

-- pour différencier des homographes.

a) - Macron sur la dernière syllabe : he, haka ≠ hakatu (étoile, élever ≠ signe)

b) - Macron sur une autre syllabe :puke (entasser), mona (délicieux), aoàma (monde), vokokina (bruissement), etc.

REMARQUES

a) - Dans les exemples de he et haka, on constate que le déplacement de la longueur vocalique sur la dernière syllabe fait disparaître l’allongement naturel de l’avant-dernière.

b) - Qu'ils soient en contexte ou hors contexte, un nombre restreint de mots conservent leur allongement naturel originel qu'il convient, malgré la règle, de matérialiser par un macron sur l'avant-dernière. Voici une liste non exhaustive de ces quelques mots : hīa : souhait, souhaiter ; kooūa : vieillard, grand-père ; ūa, pluie, flamboyer ūi : interroger ; ūo : zèle, entrain ; les présentatifs : Eīa/eīa, Aīa/aīa ...

Précision : dans la série des mots de deux voyelles commençant par « u », celui-ci ne prend pas de macron s’il est suivi d’une voyelle glottalisée : uà, uè, uì, uù. Mais on écrit « ûû » car il s’agit de la réduplication du verbe « û » (Mise à jour du 09/03/2021)


2) – Cas de réduplication d’un monosyllabique
dont la voyelle porte un macron : le mot est rédupliqué tel quel :

-- >>> tātā (frapper >>> frapper à répétition) ; hō >>> hōhō : (masser >>> masser en insistant) ;  >>> tōtō (filet du cueilloir à fruit à pain).


3) - Cas des préfixes monosyllabiques
contenant une consonne suivie d’une voyelle longue (-, -, -, -, -, tī-, etc.) : cette dernière est toujours marquée d’un macron :

--tahi, heahea, pua, kavakava,mataìa, etc.


4)
Cas de réduplication initiale des mots :

Afin de pluraliser certains mots, leur syllabe initiale est redupliquée et marquée d’un macron : kooūa >>> kooūa ; kaavai >>> kaavai ; ponihoo >>> ponihoo.


5) - Cas de « īa »,
pronom personnel sujet et complément de la 3ème personne du singulier masculin et féminin. Afin de le différencier de la conjonction temporelle « ia », de la préposition « ia » et du suffixe passif « ìa », l’Académie marquisienne applique toujours un macron sur le « ī » de « īa » :

-- Ia tukuìa ia īa te vaka hou, ua pī Mahea i te koakoa. (Quand on lui a donné la pirogue neuve, Mahea fut empli de joie.)


6) – Cas des « paires minimales »

Il s’agit de monosyllabiques composés des mêmes lettres, mais dont les fonctions et les significations sont différentes, induisant l’application d’un macron pour les différencier. En attendant une liste exhaustive, en voici quelques exemples significatifs :

a) - NA/NĀ

  • - NA, particule de l’appartenance, s’emploie devant un article, un nom propre ou pronom pour former un énoncé attributif qui peut exprimer le rôle ou la détermination du sujet :

-- Na te…; na Moe; na âtou.

-- Na ù e kave ia òe i Nukuataha.

-*- NA s’emploie aussi pour désigner le destinataire ou le propriétaire d’un élément :

-- Te kaikai na te puaka.

  • - s’emploie devant des substantifs (noms communs) pour exprimer le couple ou la faible quantité :

-- îìma (les deux mains) ; motu e ono o te Henua ènana (Les 6 îles Marquises).

b) – Cas des doublons substantif/adverbe : les substantifs portent le macron mais pas les adverbes :

  • - PŌ/PO

-- Ua topa te . / Mea iti po. (La nuit est tombée. / Vraiment très peu/petit)

  • - KĪ/KI

-- Te ènana kī / Mea oko ki. (L’arbitre = l’homme-sifflet / Vraiment très fort)

  • - PŪ/PU

-- A haataki te  ! / Ua topa pu īa. (Souffle dans la conque ! /Il est tombé tout seul.

 

C)- L’accent circonflexe [^] qui est une combinaison des deux signes précédents appliqués sur la voyelle (â, ê, î, ô, û). Il a pour but à la fois de la heurter et de l’allonger ; il déplace aussi l’accentuation sur cette voyelle : il se nomme uhiuhi.

Exemples : moû (paix, calme) ; keî (et non : keì ; keî = énorme, keì = creuser) ; keâ ; âtou (pierre ; ils/elles/eux) ; kouâ (disciple ≠ kōùa : vous deux ; ≠ kōuà : chevrette/crevette d’eau douce).

 

D) – Remarques complémentaires concernant les voyelles utilisées seules :


1) – « E/e », « I/i » et « O/o » ne portent jamais de signe diacritique :

*- E aha ? / E peto. / E keu nei au. / E te hoa e ! / « Ua ìte òe ? E ». (C’est quoi ? / C’est un chien. / Je plaisante. / Eh l’ami ! / Tu sais ? Oui)

*- I hea ? / I te hora e 4. / I tēnei hora. (Où ? / À 4 heures. / Maintenant.)

*- O ai òe ? / Te toù o te â. / Aè o ù ava. (Qui es-tu ? / Le 3ème jour. / Je n’ai pas le temps.)


2) – « A/a » se trouve sous trois formes :

*- Appartenance/Ordre : A/a : Aòè a ù tama. / A tuku mai ! (Je n’ai pas d’enfant. / Donne !)

*- Opposition / Locatif : À/à : O au à, … / À ! (Mais moi, … / Là ! Tiens !)

*- Substantifs : Â/â : te â / le jour ; la voile, la toile (au nord).


3) – La lettre « U/u » seule se rencontre sous les 4 formes : U/u, Ù/ù, Ū /ū, Û/û.

 

E) - Remarques complémentaires concernant les homographes bisyllabiques composés de deux voyelles différentes. (Les homographes sont des mots s’écrivant de la même manière mais se prononçant différemment). Leur différence de sens nécessite une graphie différenciée.

 1) – Les deux cas les plus usuels :

  • - Cas de « ia » :

a) - Ia : la conjonction temporelle, conditionnelle ou optative (qui exprime le souhait) ; elle se traduit par : si ; que + subjonctif.

-- Ia meitaì ôtou ! / Portez-vous bien ! = Que vous vous portiez bien !

b) – Ia : la préposition introduisant les noms propres compléments et les pronoms personnels les remplaçant.

-- A ape atu ia Moe/Demande à Moe !

c) – Īa : le pronom personnel sujet et complément de la 3ème personne du singulier masculin et féminin (il, elle, lui).

-- Ua ìte au ia īa. / Je l’ai vu(e)).

Que īa se trouve en contexte ou hors contexte, la longueur vocalique s’applique en toutes circonstances sur le « ī » ; c’est le même cas de figure que le « ūa » du b)- ci-après.

d) – Îa : les lentes de poux.

e) – Ià :

  • 1°- Dans les îles du sud, forme du mot ika (poisson).
    2°- Sortes de taches sur la peau ressemblant aux taches de certains poissons.

f) -- Îâ : particule locative corrélative à la 3ème personne (= là-bas).

Exemple : Ia tukuìa ia īa te vaka hou, ua pī Mahea i te koakoa.

  •  - Cas de « ua »

a) - Ua : particule préverbale du révolu :

-- Ua pao. / C’est fini.

b) – Ūa : mot-base se référant à la pluie ou au verbe pleuvoir. La présence du macron sur le « u » permet de le différencier - à l’écrit - du « ua » particule préverbale. Que ce mot se trouve en contexte ou hors contexte, la longueur vocalique s’applique en toutes circonstances sur le « ū » ; c’est le même cas de figure que le « īa » du 1)-c)- ci-dessus.

c) – Ùa :

1°- Le chiffre/nombre deux.
2°- Mot-base se référant à l’action de vomir.
3° - La fosse-silo pour conserver le (fruit à pain fermenté) : ùa

d) -  : Mot-base se référant à l’action de s’enflammer.

e) - Ūà : Nom commun signifiant langouste.

 

II) - REMARQUES DIVERSES


A) - Préambule
 :

En marquisien, la plupart des mots sont des mots-bases ; ils n’ont pas de fonction grammaticale déterminée à l’avance. Cela signifie qu’ils renferment une notion qui prend une fonction grammaticale différente selon la place occupée dans la phrase et les autres mots de cette phrase.

Par exemple, le mot-base « kāòha » peut s’employer avec la fonction de :

*- Salutation : « Kāòha tātou paotū ! » (Bonjour à tous !)

*- Exclamation : « Kāòha à ! » (Ça fait pitié !)

*- Verbe à sens actif :

-- « A kāòha atu kāòha mai te hoa i te hoa ! » (Aimez-vous les uns les autres ! )

*- Adjectif : Mea kāòha teà mahaì. (Ce garçon est compatissant.)

*- Verbe au passif : Aòè te tumu hakako i kāòhaìa e te tōìki. (Le professeur n’a pas été salué par les enfants.)

*- Nom commun /substantif : « A tuku atu i to ù kāòha i to òe motuakui ! » (Donne mon bonjour à tes parents !)


B) - Concernant l’adjonction de préfixes ou de suffixes
à un mot-base.

Lorsqu’un mot-base est augmenté des préfixes et/ou des suffixes suivants, ces derniers sont accolés au mot-base pour ne plus former qu’une seule entité lexicale.


1)- Les préfixes causatifs « haa-, hā-, tā-, tī-, tō-, tū- ».
Ils s’accolent au début des mots-bases, provoquant ainsi la réalisation de la notion comprise dans ces derniers :

Exemples : kanahau >>> haakanahau (beau >>> embellir) ; puke >>> puke (tas >>> entasser) ; mākou >>> mākou (jaloux >>> jalouser) ; hararā >>> hararā (magnifique >>> rendre magnifique).


2)- Les suffixes « -ìa, -tia, -tina, -na, -ka, -a »
. Ils s’accolent à la fin des mots-bases :


a) - Dans les phrases à la voix/forme passive : -ìa/-tia

-- Ua kaiìa te kīoè e te potu. (Nord)

-- Ua kaitia te kīoè e te potu. (Sud)

-- Ua haakanahauìa te haè. (Nord) La maison a été embellie.

-- Ua haakanahautia te faè. (Sud)


b) - Dans les subordonnées temporelles : -ìa/-tina

-- To ù ìteìa i te mako, ua rere au. (Nord)

-- To ù ìtetina i te mano, ua èe au. (Sud) (Quand j’ai vu le requin, j’ai fui.)


c) - Afin de former des substantifs (noms communs) : -ìa/-na/-ka :

-- Mate >>> mateìa (nord), matena (sud) (mourir >>> la mort) ;

-- Amo >>> amoka (Uapou, Nuku Hiva), amona (sud + Ua Huna) (porter >>> la charge)


d) - Afin de former un qualificatif résultatif : -ìa/-tia >>> -a :

-- Ìte >>> ìteìa/ìtetia >>> ìtea : (qui est devenu) visible ;

-- Kamo >>> kamoìa/kamotia >>> kamoa : (qui a été) volé.

 

C)- En dehors des préfixes et des suffixes précédents, pourquoi et comment accoler deux mots-bases séparés afin de former une troisième unité lexicale ?

Dans la tradition écrite du marquisien, les différents mots constituant les noms de personnes sont reliés entre eux pour n’en former plus qu’un seul : Teikimeiteaki, Taumataheva, Hinatiakiani, Tehonotutuaki, Teikiumatoto, Vaekehuupokotitipumaheono, etc.

Quelle est la raison de cette procédure ?

De par le monde et dans la zone Pacifique, de nombreuses langues, dont font partie les langues polynésiennes et donc, le marquisien, sont des langues agglutinantes, c’est-à-dire que les rapports syntaxiques (grammaticaux) entre les mots sont marqués par la simple agglutination de ceux-ci ; les mots se suivent directement sans être reliés entre eux, mais tout en suivant un schéma spécifique prévu par la langue.
En marquisien, dans la majorité des cas, c’est le mot-base le plus significatif qui vient en premier ; il est suivi des autres mots-bases qui viennent en modifier ou en préciser le sens. Dans les langues européennes, on les nomme « adjectifs » ou « adverbes ».
Désormais, l’Académie marquisienne indique qu’il est logique d’unifier en un seul mot des séquences de deux ou trois mots-bases quand le sens et le contexte permettent de créer, sans ambigüité, un nouveau mot, une nouvelle entité lexicale, compréhensible de tous.

Exemples : ata uà >>> atauà (aurore) ; pona tekao >>> ponatekao (nœud de parole = mot) ; papa tuhi tuhi >>> papatuhituhi (panneau d’affichage) ; tapa mani >>> tapahāmani (page) ; etc. (On constate que ce regroupement s’accompagne d’un allongement unique de l’avant-dernière syllabe de la nouvelle entité lexicale.)

Remarque : Cette unification ne peut pas s’opérer dans tous les cas ; c’est la logique qui doit orienter l’énonciateur. On écrira :

*- ponatekao kanahau, et non, ponatekaokanahau ;

*- te tau hetūveò kē, et non, te tau hetūveòkē ;

*- tapahāmani māìta, et non, tapahāmanimāìta ;

*- èotaki kōnini, et non, èotakikōnini ;

*- pāpua haèhāmani, et non pāpuahaèhāmani.


D)- Cas des toponymes et des patronymes

Par mesure de simplification, en raison du peu de fréquence de leur emploi, l’Académie recommande de n’appliquer aucun de ces trois signes diacritiques sur les noms propres (noms de famille ou patronymes, et noms de lieu ou toponymes). On écrira donc :

Teikimeiteaki, et non Teìkimeiteàki ; Timautete, et non Tīmaùtētē ; Hanaiapa, et non Hanaìàpa ; Pakauoteii, et non Pākaùoteii, etc.


E) – Cas des majuscules (plusieurs possibilités) :

1) – Le groupe de mots est ENTIÈREMENT EN MAJUSCULES (titre, panneau) : on applique tous les signes diacritiques :

*- TE HENUA ÈNANA, HAÈ MATAÈINAA, TOHUA PEEMŌ, …

2 – Dans le CAS DES DATES :

*- le nom des jours reste en minuscule (sauf s’il est en début de phrase, auquel cas la première lettre est en majuscule) ;

*- le nom des mois commence toujours par une majuscule ;

*- préférer le mot « pō » au mot « â » car le premier se réfère à la journée de 24h ;

*- La question pour demander la date est : « E aha te tatau o tēnei â ? »

Exemples :

*- Â tapu, pō e ono no Māhinaihea, èhua 2020 / Dimanche 6/six septembre 2020

*- Pō e ùa, 8/vaù no Māhinaihea, èhua 2020 / Mardi 8/huit septembre 2020


Remarque :
Si la date tombe un samedi 6, écrire : 

*- Pō e ono, ono no… Māhinaihea… / Samedi 6 septembre …

 
CONCLUSION :

En cas de doute sur l’emploi des signes diacritiques, prendre contact avec l’Académie à l’adresse courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Un dictionnaire complet est en cours d’élaboration ; une fois achevé, il sera la référence graphique du marquisien moderne académique.

 

BIBLIOGRAPHIE

*- Zewen, Père François, « Introduction à la langue des îles Marquises – Le Parler de Nukuhiva – Hamani ha’avivini ‘i te ‘eo ‘enana », Haere Pō, Tahiti, 1987, 2014, 2016.

 
III - LES SIGNES DE PONCTUATION : te tau haatakipona o te èo ènana

 

[.]

Le point

Mauòa

[ ;]

Le point-virgule

Mauòa, mauiti

[,]

La virgule

Mauiti

[…] Trois points de suspension

Toùmauòa

[!] Le point d’exclamation

Maumehea

[?] Le point d’interrogation

Mauūi

[ […] ]

Les crochets

Pāpuakūea

[ (…) ]

Les parenthèses

Pāpuakōhana

[«…»]

Les guillemets

Pāpuataa

[-]

Le trait d’union

Vaòhaatūtahi

[-]

Le tiret

Vaòpoto

[:]

Les deux points

Umauma

[é]

L’accent aigu

Tūnihi

[è]

L’accent grave

Tūkina

[ê] L’accent circonflexe

Uhiuhi

[ë]

Le tréma

Mauùatoko

[ _ ]

La barre d’union

Vaòmoe

[/]

La barre oblique

Vaòpāhaka

[ {…} ]

Les accolades

Pāpuahopu

 

 

 

Autres signes

[%] Pourcentage :

2%

E ùa pāheeìa

[≠] Différent de…

Mea kē i/ia…

[+] Plus

Haatūtaì i te … me te…

[-] Moins

Haaiti

[x]

Multiplié par

Haanui

[÷]

Divisé par…

Pāheeìa

[=]

Égal à…

Tūtahi/

Koàna mai

[<]

Plus grand que…

Nui/keî atu i/ia…

[>]

Plus petit que

Iti, momo mai i/ia…

 

 

 

Divers

[etc.]

Et cetera

Me te toeka/toena

[*] Astérisque

Mauhetū

[#] Dièse

Kōhoka

[@] Arobase

Akāpoi

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